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aoû
Caiman Amazonie Thaki

Cette année, j’ai réussi à décider Jérôme à venir faire un petit « nouveau sommet », le Kasiri. Petite course glaciaire sympathique pour démarrer cette nouvelle saison. Nous sommes partis avec notre petit groupe de guides de montagne, toujours friands d’expéditions nouvelles, et cette fois-ci avec une petite équipe de professionnels pour filmer. L’idée était de faire la promotion de nos belles montagnes andines et parler du professionnalisme de nos guides. Belle sortie, mais il est vrai que Jérôme a un peu souffert…

Pour se venger, ou pas, il a réussi à me convaincre de partir en Amazonie. Je ne suis pas fanatique des moustiques et bestioles en tout genre…même si eux m’adorent. Mais Jérôme a réussi à me convaincre ! Cela va être une belle expérience me dit-il, et cela va te changer de la montagne. Cela ne faisait aucun doute !

Nous partîmes donc avec Félix, le jour de son anniversaire, le 21 juin, fête de San Juan. La route fut déjà une aventure, piste de terre parfois étroite et périlleuse, croisement de camions plus qu’acrobatiques, chaleur qui vous tombe dessus sans prévenir. Nous arrivâmes à Guanay, petit bourg aux allures tropicales. Il fait bon, ici, tout le monde est en short, la fête de la San Juan se prépare sur la place du village. Alors que nous prenons un petit apéritif dans le jardin de l’hostal, notre guide Ismael vient se présenter. Très sympathique et professionnel, il est clair que nous allions passer 6 jours fantastiques.

foret

Après une nuit un peu mouvementée, San Juan oblige, nous voilà partis sur la pirogue de la communauté de Mashaquipe. Cette descente sur le fleuve Caca est surprenante. Toute la région se consacre à la recherche d’or, de manière artisanale, mais aussi industrielle. D’énormes engins mécanisés retournent littéralement le lit du fleuve à la recherche du filon rémunérateur. Ismael nous explique que cette activité est comparable à une fièvre ravageuse pour l’homme. Parfois, ils en arrivent à dévier le cours du fleuve pour aller chercher dessous. Cette aventure jusqu’au Parc Madidi est très agréable, on se laisse glisser sur l’eau, tout en admirant le paysage, on agrémente notre progression par des petites pauses rafraichissantes, dans une belle cascade au milieu de la végétation luxuriante, puis sur des petites plages improvisées. Nous ferons une nuit sur une de ces plages au beau milieu de nulle part. Un petit apéro sur le sable à la lueur d’une bougie reste un moment inoubliable.

Après avoir passé le fleuve Caca puis Béni, nous arrivâmes au fleuve Tuichi à l’entrée du Parc Madidi. L’Ecolodge Mashaquipe est un très bel endroit au milieu de la jungle, petite cabane rustique mais bien soignée, accueil très chaleureux, nourriture excellente…l’idéal pour se remettre de notre aventure en pirogue.

Jerome et Anne

Le lendemain, départ avec nos sacs à dos pour deux jours en immersion dans la forêt primaire. L’ambiance y est particulière, à l’opposé de la montagne. Je me sens écrasée par toute cette végétation très dense. Dans la jungle, ce sont les bruits qui vous impressionnent, des cris de singes, qu’Ismael imite très bien, des oiseaux, plus rassurant, mais aussi d’animaux inconnus. Nous nous faisons tremper jusqu’aux os pour rejoindre le refuge aménagé au beau milieu de la forêt. Sergio, notre cuisinier nous attend avec un feu de bois qui permettra de sécher nos affaires. Ils ont aménagé des planches sur élevées avec des matelas et moustiquaire afin de dormir, dehors, tout en confort ! Après une randonnée incroyable autour du refuge….Jérôme était persuadé qu’on était perdu, mais Ismael maîtrise ce terrain hostile, nous passâmes une nuit inoubliable en pleine forêt !

Le lendemain, et moult piqures de moustiques en plus, nous voilà partis pour une autre randonnée qui nous amènera au fleuve Tuichi.  Ce n’est pas dans la jungle que vous allez pouvoir observer les animaux, nous les apercevons et les entendons plus que nous les voyons, chat sauvage, singes, perroquets, et un troupeau de sangliers que nous allons essayer de poursuivre….puis, nous rejoignons le fleuve pour construire notre propre radeau qui va nous ramener à l’Ecolodge Mashaquipe….je vous rassure en toute sécurité, de l’aventure maîtrisée…

Maîtrisée, mais heureusement, car je me sentais humide, dévorée par les moustiques, sale et fatiguée….il était temps de retrouver un peu de civilisation….vous me direz, je tiens plus le choc en altitude, effectivement….

Nous rejoignons Rurrenabaque et partons dans la réserve de Yacuma, en pleine pampa. La pampa offre un autre monde. Nous ne sommes plus dans la forêt primaire, mais en pleine savane. Sur la route en véhicule, nous croisons des « gauchos » à cheval, éleveurs de vaches, avec leur troupeau. L’ambiance y est complètement différente. Combiner les deux est simplement génial. Une fois dans le parc Yacuma, vous pouvez vous détendre, ce n’est que du bonheur, s’il n’y avait pas ces satanés m…..

Singe Jaune

Une fois arrivés au campement Las Tortugas, tout est zen, le campement est paradisiaque, des hamacs et des transats sur la plage, des cabanes de rêve, magnifique en pleine végétation tropicale, un service au petit soin et une nourriture aux petits oignons. Vous n’avez plus qu’à vous laisser bercer….les tortues se dorent au soleil, les dauphins roses jouent au gré des courants du fleuve Yacuma, les caïmans vous saluent et plongent dans l’eau…un endroit idéale pour déstresser. La randonnée en plein marécage restera un souvenir inoubliable, mais mes préférés resteront les « cappuccino », les petits singes jaunes, peu farouches qui vous grimpent sur l’épaule et vous serrent la main…ce fut en effet une aventure fantastique. Et même si je vais mettre une semaine à me remettre des attaques des moustiques, merci Jérôme !! 


By anne -
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