03
avr

Pour enrichir notre city tour historique et culturel de La Paz, nous avons testé pour vous un nouveau tour bien original, celui des « lustras botas ». Ces cireurs de chaussures, peu fiers de leur travail de rue, se couvrent le visage pour ne pas être reconnus de leurs proches. En même temps qu’ils vous balladeront dans la ville, ils vous raconteront leur histoire, comment ils ont attéri dans la rue et comment ils essayent d’en sortir. Un échange très intéressant, mais aussi un témoignage bien touchant.

Le tour démarre à la station centrale du téléphérique rouge.

La balade commence dans le quartier de « los ajusticiados » où l’on nous explique les lois de la justice communautaire. On apprend à quel point la réalité est rude, ca ne pardonne pas, les voleurs et violeurs finiront pendus ou brûlés. Les coups de pétards et de sifflets sont des appels à l’aide envoyés aux jeunes du quartier pour venir en renfort. Tendez l’oreille, surtout si vous êtes du côté d’El Alto, vous saurez désormais ce qui s'y trame.   

Puis, on visite divers marchés. On passe d’abord par celui des pommes de terre, pour découvrir la variété de pomme de terre déshydratée, las tuntas et los chuños, une espèce locale bien spéciale au goût et à l’odeur. Par la suite, on entre au marché de poisson, où l’on trouve en majorité la truite, tout droit venue du Lac titicaca. Les arrivages se font tous les matins entre 3h30 et 5h et les cholitas commencent à préparer leur stand. En cette semaine de Pâques, le poisson coule à flot car la tradition ici veut qu’on le fête avec 12 plats sans viande.

Puis, on se dirige vers le Cimetière général où l’on apprend beaucoup sur les rites funéraires boliviens. Les niches funéraires se louent pour 7 ans, si la famille n’a pas payé un message y est déposé pour indiquer la date butoire, sinon le corps est retiré et brûlé. On passe aussi par le marché de fleur et le magasin de glaces à la cannelle. On découvre également les cartons d’invitation au 8ème jour du décès, moment important du processus funéraire bolivien.

Par la suite, on passe à un sujet plus gai, la cholita paceña – originaire de La Paz. On visite le quartier où se trouvent tous les magasins où elle s’achète son uniforme : les tissus, habits, châpeaux , bijoux. Très coquettes, les cholitas vont jusqu’à assortir leurs bijoux à la couleur de leurs lentilles pour yeux. Lorsqu’on découvre tout ce monde fascinant, on comprend mieux pourquoi il est plus rentable pour une cholita de payer un garde du corps que de prendre le risque de se faire voler une boucle d’oreille.  A titre d’exemple, une veste de vicuña peut aller jusqu’à 15 000 bolivianos, soit environ 2 000 dollars. 

Pour finir, on visite le Mercado Uruguay, original par ses étroites ruelles et réputé pour être le moins cher de La Paz. Il était possible d’y déjeuner pour 4 bolivianos (0.5 centimes d’€), aujourd’hui les prix ont doublés mais cela reste bien évidemment très bas prix. On passe par le « museo de los aves ». On nous raconte aussi quelques traditions, par exemple comment désenvouter une personne à qui l’on a jeté un mauvais sort : laisser mourir un animal noir (un lapin, un chat, etc) sur le torse pendant plusieurs heures, en faisant intervenir un yatiri.

Ce tour vous apprendra beaucoup sur les traditions et moeurs boliviens, et particulièremnt ceux de La Paz. Loin des sites touristiques, vous vous confronterez à la réalité paceña pour une découverte complète de la ville. A ne pas manquer ! 


By anne -
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