L’œnotourisme en Bolivie, une expérience unique dans le monde !

14 novembre 2018

Rencontres et découvertes

Il y a 2 ans Jérôme était allé explorer la Vallée de los Cintis, la première zone viticole de Bolivie, mais les infrastructures n’étaient pas encore assez developpées pour acceullir les voyageurs. Cette année, nous y sommes retournés, avec une journaliste du Figaro, qui nous a sollicitée pour l’aider à réaliser son reportage sur l’œnotourisme en Bolivie. A notre grande surprise, la région est désormais prête à partager et faire connaitre sa richesse viticole.

Notre expédition a démarré à l’aéroport de Sucre, où nous avons retrouvé Pauline. Après une pause déjeuner à Potosi, afin de déguster la Calapurca, la spécialité locale (une soupe chauffée à l’aide d’une pierre volcanique), nous prenons direction Camargo où nous sommes attendus pour commencer le tour des bodegas. Ici, on parle de vrais « vinos de altura » (=vins d’altitude) puisque nous sommes à 2400m au dessus du niveau de la mer, dans un micro-climat qui rend les conditions uniques : un climat tempéré, sec et sain. Les paysages sont splendides. Imaginez un canyon de 80km, le long duquel serprente une rivière, d’une part s´élève une incroyable chaine de montagnes rouge, ocre et de l’autre, une autre chaine aux tons plus sombres… sans oublier la végétation environnante qui vient aigayer davantage le panorama.

Nous commençons par la plus vieille bodega de la vallée, construite en 1679, la bodega San Remo, de la famille de Carmen Buitrago, la première et unique sommelière bolivienne. Elle n’est plus fonctionelle aujourd’hui, mais c’est l’occasion d’y découvrir l’histoire de sa création ainsi que les tonneaux en chêne originaux de l’époque. Nous visitons également la Hacienda Isuma, qui appartient à la même famille, un endroit très agréable, un havre de paix où l’on a l’impression que le temps s’est arrêté. L’hacienda offre également logements et bains à base de raisins.

Notre contact nous conduit par la suite chez Don Hugo, pour visiter sa bodega Santa Lucia. Un superbe complexe touristique est en cours de construction avec cabanes et piscine, offrant une très belle vue sur la vallé environnante et les vignobles en contre bas . On y déguste une spécialité de la maison, la « luna de miel », un vin sucré original.

Après nos visites, nous nous rendons à Villa Abecia, la seconde plus grande ville de la vallée, à 40mn de Camargo, où nous logeons ce soir.

Le lendemain, nous continuons nos visites des bodegas artisanales de la Vallée de los Cintis. Nous démarrons par la bodega Cepas de mi abuelo, une bodega boutique qui propose un hostal en même temps. Manuel Daroca, son responsable, nous fait faire le tour du propriétaire et nous présente ses productions dont une bouteille bien orginale, qui combine 3 variétés différentes : une liqueur de Ratafia, du vin et du Singani. Ancien pilote, il nous raconte comment il s’est converti dans le vin et comment il pratique cette passion avec beaucoup de « cariño». Un personnage très intéressant qui a beaucoup à raconter.

Puis Manuel nous conduit dans son vignoble, à 10mn de sa bodega, où une très belle vue de la vallée et du village de Villa Abecia s’offre à nous, et d’oú l’on entend la rivière couler. Un super mirador et un moment très apaisant.

Par la suite, nous rejoignons la très jolie boutique de la famille Vacaflores, à Camargo, où Marcelo, 4ème génération, nous accueille chaleureusement. Il nous présente sa gamme de production, vins, liqueurs et distillés, et nous fait déguster leurs spécialités, 2 blancs secs, Muscat d’Alexandrie et Torrontes, et un Cabernet Sauvignon.

Marcelo nous conduit dans leur bodega San Francisco, la première que vous trouverez sur votre route en sortant de Camargo, où nous poursuivons les dégustations de Singani cette fois. Il nous explique le secret pour avoir le meilleur Singani, une parfaite balance lors de la distillation pour un meilleur équilibre entre saveur et arômes. La bodega San Franciso fait partie de celles qui fournissent au Gustu, le prestigieux restaurant de La Paz, dans le TOP 50 des meilleurs restaurants d’Amérique du Sud.

Ici, les vignerons souhaitent maintenir leurs méthodes de production traditionnelles, contrairement à Tarija qui s’est beaucoup plus modernisée. Au total, on parle de 4000 hectares de vignobles dans le pays.

Dans l’après-midi, nous quittons à regret la belle Vallée de Los Cintis pour rejoindre Tarija. Trois heures de route environ où l’on ne s’ennuie pas à admirer les paysages, et la Cordillère de Sama qui pointe le bout de son nez, en se rapprochant de notre destination.

A 3h de la frontière de l’Argentine, avec 250 000 habitants, Tarija commence à se faire un nom à l’international, grâce à 20% du tourisme qui attire les étrangers et aux exportations principalement aux Etats-Unis et en Chine.

Le lendemain, nous visitons les principales bodegas industrielles de Tarija : Kohlberg, Campos de Solana (la plus récompensée de Bolivie), Casa Real et Aranjuez.

Variétal, Bi-variétal, Tri-variétal, vins jeunes, réserves et grandes réserves, blancs, rouges, rosés, Syrah, Carbernet Sauvignon, Malbec, Merlot, Uni-blanc, Cabernet Franc, Riesling, Tannat … bref il y en a pour tous les goûts à Tarija … sans oublier la spécialite nationale, le Singani : une eau-de-vie de vin, élaborée à partir de la distillation du Muscat d’Alexandrie.

Nous avons eu la chance de pouvoir visiter la maison Aranjuez, grâce à une demande spéciale pour notre journalise, car normalement cette bodega n’est pas ouverte au public. Elle se divise en 2 parties, une ancienne aux infrastructures coloniales construite en 1976, et la nouvelle beaucoup plus moderne.

On nous explique tout le processus de production, et avons même l’honneur de rencontrer Monsieur Juan Cruz, le plus ancien des employés, depuis 1982, qui a donné son nom au vin le plus haut de gamme de la maison, primé médaille d’Or en Uruguay en 2014.

L’équipe nous conduit par la suite à la Finca, où nous avons le plaisir d’observer le premier plant de Tannat jamais planté en Bolivie mais aussi la grandeur du vignoble. Le Tannat est la spécialité de cette bodega, arrivée en Bolivie à la fin des années 90.

Un moment très riche passé au sein de cette impressionante maison où professionalisme et qualité règnent.

Et nous avons appris une très bonne nouvelle … ils prévoient d’ouvrir leurs portes au grand public d’ici la fin de l’année.

Le vin bolivien n’a pas fini de faire parler de lui et l’œnotourisme n’en est qu’à ses débuts !

A suivre …